Une étude, la première en son genre, compare deux biologiques pour le traitement de la PR

« Plusieurs de nos essais sont réalisés en comparaison avec un placebo. Toutefois, au bureau ou à la clinique, les patients veulent savoir comment fonctionne le médicament, pas le placebo. »

Voilà comment Dr Michael H. Schiff de l’université du Colorado a présenté en conférence de presse de la réunion EULAR 2013 les résultats de la première étude de comparaison directe, pendant deux ans, de deux médicaments biologiques dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.

L’étude multinationale appelée AMPLE a suivi 646 personnes atteintes de PR et qui n’avaient jamais pris d’autres médicaments biologiques pour traiter leur maladie. Les sujets ont été répartis en deux groupes de manière aléatoire, un groupe recevant une formulation d’abatacept (Orencia®) et l’autre, une formulation d’adalimumab (Humira®), en injection sous-cutanée (sous la peau) et en association avec la méthotrexate, comme dans le cadre de soins respectant la norme. Ni le patient ni le médecin ne savait quel médicament biologique les patients recevaient pendant les deux années qu’ils furent suivis pour l’étude.

L’étude a démontré, sur le plan clinique et par radiographie, l’efficacité équivalente des deux médicaments. Dans l’un des indicateurs d’amélioration, appelé le « ACR20 », plus de 60 pour cent de chacun des deux groupes ont connu une amélioration de 20 pour cent au chapitre de la douleur, des capacités fonctionnelles et des articulations enflées et douloureuses, et ce, après un an de traitement. L’indicateur ACR20 mesure l’amélioration selon le nombre d’articulations enflées et douloureuses et les améliorations constatées dans trois des cinq facteurs suivants : échelle de douleur, questionnaire fonctionnel, évaluation du patient, évaluation du médecin et test de gravité de l’inflammation. Les deux médicaments ont nécessité une période similaire requise pour devenir efficace. Après deux ans, les radiographies n’ont décelé aucune aggravation de la maladie chez 85 pour cent du groupe recevant de l’abatacept et chez 84 pour cent du groupe recevant de l’adalimumab.

De façon générale, les deux médicaments correspondent étroitement en matière d’efficacité et sont sécuritaires de façon similaire.

Bien que les deux médicaments soient disponibles au Canada depuis plusieurs années, l’abatacept est maintenant disponible par intraveineuse et par injection. Les deux médicaments, l’abatacept et l’adalimumab, sont remboursés par les régimes publics d’assurance-médicaments si le patient atteint de PR répond aux critères d’accès spécifiques.

En fin de compte, quelles sont les conclusions ?

Grâce à la comparaison directe, l’étude démontre qu’un médicament biologique qui cible les cellules T (abatacept) est aussi efficace dans le traitement de la PR qu’un médicament biologique comme l’adalimumab ciblant le facteur de nécrose tumorale (TNF) et offre, autant au rhumatologue qu’au patient, plus d’options lorsqu’un traitement aux biologiques est envisagé.