Les plus récents courants de pensée sur la prévention et la détection précoce de la PR


Les avantages de la détection la plus précoce possible de la polyarthrite rhumatoïde et de sa prévention ont été soulignés à la réunion EULAR 2013 dans le cadre de la présentation captivante d’une étude réalisée sur quatre nouveaux marqueurs biologiques.

« Prevention is better than a cure : a new dawn for the management of RA? » (Mieux vaut prévenir que guérir : un jour nouveau dans la gestion de la PR ?), tel était le titre de la présentation de la conférencière invitée, Dre Danielle M. Gerlag, experte en immunologie clinique et en rhumatologie, à l’université d’Amsterdam aux Pays-Bas.

Dre Gerlag a noté que la recherche en prévention de la PR est ciblée sur les changements les plus précoces dans l’organisme, dès l’apparition de la maladie. On parle de :

  • circulation des anticorps (ce qui permet d’identifier la maladie);
  • accroissement des réactants de phase aiguë (protéines trouvées dans le sang et qui indiquent le niveau de l’inflammation) et;
  • synovite précoce (inflammation du liquide synovial qui lubrifie les articulations).

La recherche révèle que cinq ans, en moyenne, avant l’apparition des premiers symptômes cliniques de la maladie, on peut retrouver dans les analyses sanguines des niveaux élevés d’anticorps.

« Nous savons que tôt, dans le cours de la maladie, il existe un ‘créneau’ pendant lequel l’introduction d’un traitement agressif aux anti-rhumatismaux peut entraîner un changement dans l’évolution naturelle de la maladie, » affirme Dre Gerlag, indiquant que cet état de fait peut permettre de « passer à un autre niveau maintenant que nous sommes en mesure d’identifier les personnes à risque de développer la PR et de cibler ainsi nos efforts sur la prévention de l’apparition des signes cliniques et des symptômes de l’arthrite. »

Bien qu’aucune intervention ne puisse prévenir l’apparition de la PR, Dre Gerlag mentionne que « la connaissance en matière d’immunologie a progressé à un point tel qu’une intervention de ce type pourrait peut-être réussir. »

Des chercheurs belges ont présenté les résultats d’une étude sur quatre nouveaux marqueurs biologiques pouvant contribuer à l’amélioration de la détection précoce de la PR – une recherche importante étant donné qu’un tiers des personnes atteintes de PR réagissent négativement aux tests diagnostiques existants pour les anticorps FR (facteur rhumatoïde) et les anticorps CCP (anticorps anti-peptides cycliques citrullinés), ce qui est malheureux puisque des délais sont ainsi subis par les patients qui ne pourront pas recevoir les traitements assez tôt pour augmenter leurs chances d’atteindre une rémission.

Les nouveaux marqueurs biologiques ayant fait l’objet de l’étude ont été identifiés à 85 pour cent comme spécifiques à la PR et ont produit des résultats positifs chez 36 pour cent des patients suivis par l’étude et souffrant de PR à un stade précoce et chez 24 pour cent de ceux ayant réagi négativement aux deux tests diagnostiques, soit les anticorps FR et les anticorps CCP.