Méthotrexate : une pièce maîtresse de l’arsenal du traitement de la PR

La prise de méthotrexate (MTX) au stade précoce de la polyarthrite rhumatoïde augmente les chances d’atteindre une rémission de la maladie, un objectif important de la stratégie de traitement.

Médicament modificateur de la maladie de préférence comme thérapie initiale pour le traitement de la PR, la méthotrexate peut être administrée de deux façons : oralement ou par injection sous-cutanée (sous la peau). La voie d’administration a-t-elle un impact ? C’est à cette question précise qu’une étude canadienne, menée par Dr Glen Hazlewood de l’université de Calgary, a tenté de répondre.

L’étude a suivi des patients de CATCH (Canadian Early Arthritis Cohort) ayant reçu un diagnostic de PR mais dont les symptômes étaient récents (moins d’un an) et qui jusqu’ici n’avaient pas eu recours à la méthotrexate.

Un total de 653 patients ont été suivis. De ce nombre, 442 ont pris de la méthotrexate par voie orale et 211 par injection. Les patients ont été évalués selon le pointage de l’indicateur DAS28 (mesure de l’activité de la maladie) au début du traitement et après un an de traitement.

Un total de 653 patients ont été suivis. De ce nombre, 442 ont pris de la méthotrexate par voie orale et 211 par injection. Les patients ont été évalués selon le pointage de l’indicateur DAS28 (mesure de l’activité de la maladie) au début du traitement et après un an de traitement.

Après les ajustements pour tenir compte des différences entre les deux groupes de patients, autres que la dose de départ, l’étude a révélé qu’après un an, le DAS28 était beaucoup plus bas, de 0,23 en fait, chez le groupe dont la voie d’administration est l’injection, comparativement au groupe qui la prenait par voie orale.

Toutefois, on avait donné au groupe prenant le médicament par injection une dose de départ moyenne plus élevée (25 mg contre 15 mg). En tenant compte de cette dose plus élevée chez un des groupes, l’étude concluait qu’il n’y avait pas de différence marquée entre la voie orale et la voie par injection. La différence dans le pointage était plutôt due à la dose plus élevée. Les responsables de l’étude ont constaté que chaque mg additionnel de la dose de méthotrexate avait une incidence à la baisse, soit de 0,02, sur le pointage médian de l’indicateur DAS28, après un an.

Autre découverte parmi les notes de l’étude, qui comprenait des centres de partout au Canada, la « variabilité importante » d’un centre à l’autre dans l’utilisation de la méthotrexate en injection sous-cutanée.

Une autre étude présentée à la réunion EULAR a également conclu à des avantages dans l’utilisation de doses plus élevées de méthotrexate, lorsqu’elle est administrée en association avec l’adalimumab (Humira®). Dans cette étude, 395 personnes atteintes de PR n’ayant pas encore pris de médicaments biologiques ont reçu de façon aléatoire de la méthotrexate à prendre oralement à des doses différentes, soit 2,5, 5, 10 ou 20 mg en association, dans tous les cas, avec 40 mg d’adalimumab, une semaine sur deux. Après 26 semaines, on a constaté une tendance statistiquement significative dans le groupe de patients ayant reçu la dose la plus élevée de méthotrexate : la maladie avait atteint un faible taux d’activité. Toutefois, on a également constaté que cet effet était présent pour les doses jusqu’à 10 mg, mais entre 10 et 20 mg, aucune différence significative n’a été constatée.