Le Réseau canadien en obésité publie le premier bilan du genre au Canada

Le Réseau canadien en obésité publie le premier bilan du genre au Canada : Bulletin 2017 sur l’accès des adultes au traitement de l’obésité au Canada

Une modification de paradigme dans la prévention et le traitement de l’obésité.

Report Card on Obesity Treatment Cover PhotoLe bulletin semble prêt à passer du concept qui attribuait l’obésité à de simples mauvais choix de mode de vie pour évoluer vers celui du modèle socio-écologique de santé comportant l’obligation, pour nos systèmes de santé comme pour la société, de prévenir et de traiter l’obésité au même titre que d’autres maladies chroniques.

Comprendre votre indice de masse corporelle (IMC)
Le document Lignes directrices pour la classification du poids chez les adultes, publié par Santé Canada, s’appuie sur l’indice de masse corporelle (IMC) pour déterminer si une personne souffre d’un excès de poids. Vous pouvez calculer votre IMC en ligne ici ou en utilisant la formule suivante :

IMC = poids (kg) / taille (m)2

Le tableau Classification du risque pour la santé en fonction de l’indice de masse corporelle (IMC) publié par Santé Canada montre la corrélation entre l’IMC et le risque de développer certains problèmes de santé tels que le diabète de type 2, l’hypertension, une maladie coronarienne, un accident vasculaire cérébral et le cancer. D’autres facteurs peuvent influer sur votre IMC. Il est recommandé de consulter votre médecin de famille si votre excès de poids devient une préoccupation pour vous.

Classification Catégorie de l’IMC (kg/m2) Risque de développer des problèmes de santé
Poids insuffisant < 18,5 Risque accru
Poids normal 18,5 – 24,9 Moindre risque
Excès de poids 25,0 – 29,9 Risque accru
Obésité Classe I 30,0 – 34,9 Risque élevé
Obésité Classe II 35,0 – 39,9 Risque très élevé
Obésité Classe III > = 40,0 Risque extrêmement élevé

Arthrite et contrôle du poids
À mesure que nous vieillissons, le mode de vie et les stratégies de prévention prennent de l’importance pour le maintien de notre état de santé et de notre qualité de vie. Les personnes ayant un excès de poids courent un plus grand risque de développer une douloureuse arthrose de la hanche, des genoux et des mains. Chez une femme, chaque livre en surpoids exerce quatre livres de pression sur les genoux. Si vous avez un excès de poids, ces objectifs pourraient certainement vous aider :

  • Faire de l’exercice pour perdre 10 livres (4,5 kg) afin de réduire de 50 % votre risque de souffrir d’arthrose.
  • Faire de l’exercice pour perdre 15 livres (6,8 kg) pour réduire votre risque de devenir obèse.
  • Fixer comme objectif de revenir à votre poids idéal. Vous réduirez ainsi votre risque de souffrir d’arthrose.

Parce qu’il existe une forte corrélation entre le contrôle du poids et l’arthrite, le comité ACE (Arthritis Consumer Experts) souhaite diffuser largement le Bulletin 2017 sur l’accès des adultes au traitement de l’obésité au Canada, publié par le Réseau canadien en obésité.

Le Bulletin 2017 sur l’accès des adultes au traitement de l’obésité au Canada, publié par le Réseau canadien en obésité
Le Bulletin indique que les Canadiens atteints d’obésité sont « très mal desservis par les systèmes de santé publics canadiens et les régimes d’avantages sociaux privés ». Le Bulletin fait sept recommandations importantes pouvant améliorer l’attitude du Canada face à l’obésité dont principalement, de la considérer comme une véritable maladie chronique pour traiter et soutenir les personnes qui en sont atteintes. Pour voir ces recommandations, le Bulletin complet, des résumés en ligne ou d’autres documents reliés dont la méthodologie de l’étude effectuée, cliquez sur www.obesitynetwork.ca/bulletinobesite/index.html.

Le Bulletin conclue également à des constats d’importance sur la gestion de l’obésité au Canada :

  • On constate un grave manque de services de santé interdisciplinaires pour prendre en charge l’obésité au Canada.
  • Il y a un très petit nombre de médecins canadiens qui suivent une formation officielle et cherchent à obtenir un certificat dans le domaine de la prise en charge de l’obésité.
  • Les Canadiens qui peuvent bénéficier des programmes de gestion du poids sous surveillance médicale avec substituts de repas doivent payer ces substituts de leur poche. Cela contraste fortement avec la couverture accordée aux substituts de repas dans les cas de diabète, de fibrose kystique et de cancer.
  • Les personnes qui comptent sur le service public pour couvrir le coût des médicaments d’ordonnance n’ont pas accès aux deux médicaments anti-obésité approuvés au Canada. Tous les programmes d’assurance médicaments des provinces et territoires ainsi que les programmes publics d’assurance médicaments du gouvernement fédéral obtiennent la note F.
  • Moins de 20 % de la population canadienne disposant d’un régime d’assurance médicaments privé ont droit à la couverture des médicaments anti-obésité.
  • À l’échelle nationale, la chirurgie bariatrique n’est appliquée chaque année qu’à 1 adulte canadien sur 183 (soit 0,54 %) qui y seraient admissibles. Il existe de grandes différences entre les provinces en ce qui concerne l’accès à la chirurgie bariatrique.
  • Le temps d’attente entre la recommandation du médecin traitant et la consultation avec une équipe chirurgicale obtient la note F dans toutes les provinces; le temps d’attente entre la consultation avec un spécialiste et la chirurgie bariatrique obtient la note C à Terre-Neuve, au Nouveau-Brunswick, au Manitoba et en Alberta, et la note B en Nouvelle-Écosse, au Québec, en Ontario, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique.

La recherche suggère qu’il est possible de traiter efficacement l’obésité à l’aide des interventions décrites dans les lignes directrices canadiennes. Faute de traitement, l’obésité peut entraîner des maladies graves, une réduction notable de la qualité de vie et la hausse du taux de mortalité. « Au Canada, il nous reste un long chemin à parcourir avant de pouvoir affirmer que les personnes atteintes d’obésité sont adéquatement soutenues, non seulement à l’aide d’interventions fondées sur les données probantes, mais également avec tout le respect et la dignité auxquelles chaque personne a droit », indique Marty Enokson, directeur du comité du RCO-CON pour la mobilisation du public.